En avant-première, le discours de Theresa May

La rumeur courrait depuis quelques jours à Strasbourg, Theresa May va présenter (enfin) sa vision de la relation du Royaume Unis avec l’Union Européen e sa position dans la négociation actuelle à Florence, “cœur historique” de l’Europe de la renaissance.

Alors même qu’une photo volée dévoile une partie du brouillon du discours, je me risque à l’exercice des prévisions.

Le gouvernement UK va annoncer :

  • Qu’il souhaite un partenariat spécial et profond avec l’EU,
  • Qu’il veut une période de transition de 3/5 ans. Qu’il va payer sa participation au marché commun et à ses engagements, (donc étaler la facture de 60 Md€),
  • Qu’il souhaite pendant et après la période de transition une zone économique spéciale en ile d’Irlande,
  • Qu’il souhaite que les citoyens EU et UK dans la zone en face soient (partiellement) épargnés du bordel (même après la transition),
  • Qu’il établit néanmoins des loi anti-immigration fermes,
  • Qu’il pense sortir de l’union douanière à terme et c’est pour cela qu’il veut avoir le droit de négocier des accords de libre-échange,
  • Qu’il ne ferme pas la porte à l’idée de rester dans l’union douanière (mais il ne va pas le dire),
  • Qu’il est d’accord sur le rôle de la CEJ pour les affaires liées aux citoyens et à l’économie, mais pas pour d’autres sujets.

Je ne m’attarde pas sur le pseudo-chantage à la sécurité que Theresa May va encore faire via des formules qui n’affirme rien, mais qui n’en disent pas moins (la solution pour décoder, c’est de faire une double négation : “ce n’est pas mauvais” => “il est faux de dire que c’est bon”). Ce chantage n’a plus d’intérêt, les errements de Donald Trump ont virtuellement enclenché l’émergence d’une défense Européenne, et le Brexit n’est pas étranger au quasi consensus pour fonder un FBI à l’Européenne (cf. discours de JC Junker sur l’état de l’Union).

Les membres influents du gouvernement britannique savent que s’ils ne débloquent pas les négociations par un mouvement fort avant octobre, c’est retardé jusqu’à décembre. Et alors là, les dommages à l’économie seront en partie irrémédiables.

Sans un demi-tour acrobatique, c’est le Hard Brexit assuré, avec un risque de Crash Brexit (règles OMC). Ils ont compris que l’EU ne permettra pas le crash Brexit, mais laissera faire le hard Brexit.

J’ai détaillé il y a peu comment un accord de transition façon EFTA avec paiement échelonné du solde de tout compte permet d’éviter le Hard Brexit sans se compromettre dans le trop Soft Brexit.

A la fin de la période de transition : sortie de l’union douanière, entrée en vigueur d’accords, dont des accords qui sont des annexes aux accords actuels entre l’autres pays et l’UE et qui l’étende au UK.

Donc Theresa May va devoir expliquer à certains de ses concitoyens pro-Brexit dur qu’elle va réaliser leurs rêves, couper tous les ponts. Mais qu’elle est là pour en faire un succès. Et le succès sera plus grand avec une période de transition. Bonus : cela lui permet de négocier (pour de vrai cette fois) un étalement de la facture en payant une partie du budget et l’accès aux agences / programmes européens.

Le but de l’UE étant de se protéger et de perdre le moins possible, l’UE acceptera.

Au final, le UK va payer 70% des 64 Md€, les part non négligeable règles EU vont continuer à s’appliquer très longtemps (la loi du plus gros). Le UK ne participera plus aux décisions EU. Mais le UK s’en fout car elle demandera à être exempté d’inscrire le droit communautaire dans ses lois, ce que l’EU acceptera aussi.

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