Comment faire demi-tour pour échapper au pire sans perdre la face

Ceci est la version longue des arguments que j’ai défendu ce midi lors d’un déjeuner avec un partenaire entrepreneur.

EU et UK doivent trouver une solution au double problème du refus de payer la facture du Brexit et du Hard Brexit.

Double problème partagé par l’UE et le UK. En effet, le défaut de paiement (attention, gros mot) et le hard Brexit (sortie ordonnées du marché commun et de l’union douanière, mais avec accord qui évite les règles de l’OMC) font mal aux deux : UK et EU

La solution est simple sur le papier : payer la facture et éviter le hard Brexit.

Mais comment Theresa May peut-elle faire accepter cela aux sujets britanniques ?

Voici mon avis sur ce que va faire le gouvernement de Theresa May:

  1. vendre aux britannique un accord de transition de 2-5 ans
  2. accepter la juridiction indirecte de la CEJ pendant cette période
  3. redevenir membre ou quasi membre de EFTA, avec ou sans EEA
  4. réduire au minimum le rôle de la CEJ sur certains sujets, pour les autres, se placer sous la juridiction de la chambre de règlement du EFTA
  5. Payer un peu de facture de sortie en mars 2019, et plus durant la transition, au titre de la participation aux frais, en échange de certains programmes, jusqu’à la fin de la législature Européenne).

Ainsi, l’EU évite le hard Brexit et récupère une participation substantielle du UK pour les budgets que le UK avait approuvés.

Le UK évite le hard Brexit, sauve la face pour le la CEJ, et obtient un étalement des payements.

Ouf !

Le Parlement Européen est trop idéaliste, trop bien-pensant pour laisser les maudits anglais devenir des argentins (rappel de la grave crise financière des années 2000). Il acceptera un deal qu’il n’appréciera pourtant pas. Moralement, il ne prendra pas la responsabilité de faire tout péter.

Le Brexit ne sera pas nucléaire (pas de deal, OMC), ne sera pas hard non plus (pas d’union douanière, par de marché unique, mais avec accord), mais ne sera pas soft pour autant (il y aura perte des subventions, perte de business, perte de travailleurs, perte de droit de veto, obligation de payer, obligation de suivre certains règlements, …).

Sans compter les dommages économiques systémiques : baisse de la prédominance de la City, perte durable de pouvoir d’achat, (re-)passage de la France devant le UK en terme de PIB, hausse du déficit, hausse de taux d’intérêt, …

Le UK s’en remettra, reviendra fort, mais après une décennie aux enfers.

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