Impôt citoyen ou impôt anti-Johnny ?

Ce blog n’a pas pour vocation de soutenir mes orientations politiques, même si mes préférences peuvent transparaître dans certains billets. Je précise donc que ce billet n’est pas anti-socialiste, mais anti-démagogie et pro-citoyen.

Pourquoi le parti socialiste (Mme Royal ne s’est pas prononcée sur le sujet, je préfère globaliser) a t-il transformé en moins de 24h une vrai idée citoyenne en une proposition plus démagogique que jamais ?.

1. L’impôt citoyen

J’ai appris hier que l’ancien ministre Dominique Strauss-Kahn a proposé la création d’un «impôt citoyen», payé par tous les Français, qu’ils habitent ou non en France.

Article du Libération :

Les trois parlementaires souhaitent «mettre en place un impôt citoyen pour ceux qui se disent Français mais finalement (qui) n’ont plus de français que le nom parce qu’ils quittent le pays et qu’ils quittent l’ensemble de la vie collective», a précisé DSK. Cette contribution serait payée par «tous les Français même lorsqu’ils ont décidé de délocaliser tout leur argent à l’extérieur». Le PS par cette mesure pourrait mieux lutter «contre cette manière de se désintéresser de ce qu’est la France quand on est Français».

Article des Echos :

Mesure-phare proposée par DSK : la création d’un “impôt citoyen” pour lutter contre l’exil fiscal. Il faut “mettre en place un impôt citoyen pour ceux qui se disent Français mais, finalement, n’ont plus de Français que le nom parce qu’ils quittent le pays”, a-t-il expliqué. L’idée est de “mettre en place un impôt citoyen que paieraient tous les Français même lorsqu’ils ont décidé de délocaliser tout leur argent à l’extérieur”, a insisté Dominique Strauss-Kahn.

Voilà une idée digne de la révolutionnaire française. Liberté, Egalité, Fraternité. 100 € par personne. Du nouveau né au vieillard. Avec un bouclier fiscal à 50% (ou 10%, peu importe).

Une sorte de forfait national, qui partage certains concepts avec la “flat tax” mise en place dans plusieurs pays d’Europe Orientale.

2. La polémique chez les expatriés

L’impôt contre les “expat” a provoqué un tolé : des centaines de commentaires sur l’article de Libé, bien résumés dans le billet “Prends mon passeport dans ta gueule !” sur le blog de Polydamas

Mais moi, en tant que futur expatrié en Belgique, je trouve l’idée bonne. 100 € chacun, ou 1% mini, non déductible en aucune façon, pas d’avantage fiscal possible. L’impôt ni juste et injuste. Bref l’impôt citoyen.

3. Le revirement démagogique extrème

Je viens d’entrendre sur radio BFM que le PS précise et recadre la proposition de DSK. Il s’agirait maintenant d’un impôt qui ne visent que les français qui ont domicilié leur fortune à l’étranger, et seulement 1%5% à 10% d’entre eux. Pour payer les lycées français à l’étranger !

Plus démago, ce n’est pas possible. On va faire payer les méchants riches. Non seulement ils sont riches (pas bien!), mais en plus ils n’habitent pas en France (méchant!).

Moins citoyen, ce n’est pas possible. Un impôt qui concerne 25000 français (5% des 500 000 expat), soit 5 français sur 10 000, c’est citoyen ça ?

De plus mauvaise fois, ce n’est pas possible. Les frais de scolarité au Lycée Français de Bruxelles (et oui, je me suis renseigné récemment) sont de 3.184,00 € par an pour l’école primaire, de 4.289,00 € pour le lycée. Je ne prétends pas que cela représente le coût complet. Mais j’ai le sentiment que le total des frais d’inscription, 8 121 593,00 €, couvre un bonne partie des besoins de financement.

Il y a un “Amendement Coluche“, une prochaine “Loi Abbé Pierre“.
Alors, avouez le, cette proposition n’est pas une réflexion approfondie sur la fiscalité française (=15 pages sur une clé USB), mais bien un “Impôt Johnny“.

Argh, je viens de voir que le Figaro a surnommé cette proposition “Impôt Johnny” avant moi.

4. La retraite tactique

Ajout le 5 mars 2007 :

La candidate socialiste a annoncé ne pas avoir l’intention d’instaurer la contribution fiscale pour les Français de l’étranger préconisée par Dominique Strauss-Kahn.

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