Celletis entre en bourse pour financer sa capacité de production

J’avais des rumeurs d’IPO de Cellectis depuis mai dernier. Je connaissait une équipe de recherche du CNRS (où j’ai fait ma thèse) qui a un projet de thérapie génique à base de méganucléases de Cellectis (”résultats intermédiaires stupéfiants”, m’a dit le boss).

Mais je ne savais pas que le projet industriel de Cellectis est aussi séduisant.

En effet, cette biotech issue de Pasteur a su construire une stratégie basée sur une offre de valeur claire et concurrentielle, et s’y tenir.

Pour mémoire, Cellectis conçoit et produit des enzymes capables de couper et remplacer un morceau d’ADN à un endroit précis du génome.

Il y a plein d’applications, en particulier médicales (cancer, thérapie génique). L’entreprise aurait pu se concentrer sur le développement de candidats médicaments, et licencier les applications “secondaires” à d’autres acteurs. Cela aurait pu se traduire par “nos deux ou trois meilleurs outils d’ingéniérie du génome soigneront ces deux maladies“, et de vendre ce projet à des actionnaires ou un labo pharmaceutique.

Au lieu de cela, Cellectis a dit “nous serons les meilleurs fournisseurs des outils d’ingénierie du génome pour tous les industriels“. Cela change tout. La clientèle. Le produit. Le prix. Les recrutements. Les investissements.

Conséquence de ce choix : un projet industriel lisible et prochainement rentable. Et une introduction pour financer des capacités de production, pas de recherche.

“Parmi les atouts à faire valoir, citons notre positionnement commercial, une propriété intellectuelle puissante, un savoir-faire et technologie éprouvée, une présence forte et globalisée dès l’origine sur le marché avec 45 accords de partenariats sur nos trois marchés cibles de la santé humaine (Wyeth, Merck, Shire…), de l’agronomie (Bayer, BASF, Limagrain…) et de la bioproduction (Genentech, Regeneron…). Notre modèle économique génère des revenus allant croissant pour le court, moyen et long terme et répartit les risques. En effet nous nous positionnons sur un seul métier, mais la charge du risque est répartie sur des secteurs distincts qui ne sont pas confrontés aux mêmes aléas.
David Sourdive dans Boursier.com

Comme quoi on peut chercher à être rentable tout en étant une “biotech produit” (terme que je n’aime pas, on le sait). Bis repetita de l’analyse déjà argumentée dans mon billet Un “Case Study” basé sur la stratégie d’Integragen.

4 commentaires

  1. Bonjour Xavier,
    j’ai découvert votre blog hier et j’ai pris du temps pour le parcourir ce matin et je dois vous avouer que je suis à la fois étonné et charmé par la quantité de travail que vous fournissez pour votre blog et pour le bien des lecteurs.
    Je vous souhaite donc une très belle aventure à Bruxelles tant sur le plan pro que perso (ma belle-mère est bruxelloise).
    Concernant l’article sur Cellectis, je trouve cela très motivant que les biotechs trouvent des solutions innovantes et que derrière, il y a une caution scientifique et financière (comme Génomic Vision récemment) et bientôt ALPHA CHIMICA ?Commentaire par Anh Tuan Lormier — 7 février 2007 @ 11h 08
  2. Anh Tuan,S’il est probable que je réduise, voire que je cesse, le bloging à Bruxelles, je resterai toujours disponible pour des discussions par email et des recommandations pour les entrepreneurs en Biotech.

    Bonne chance à ALpha Chimica. Tu sais que j’ai été séduit par votre projet et votre démarche d’entrepreneur.

    Xavier

    Commentaire par Xavier — 8 février 2007 @ 14h 49

  3. Bonjour xavier, c’est vraiment dommage que tu cesses ton blog (si c’est le cas).
    Je suis un lecteur assidu de ton blog, et je trouve ton travail de synthèse sur les biotechs remarquable.
    j’espere que l’arrêt ne sera que temporaire 🙂Commentaire par mehdi — 8 février 2007 @ 22h 44
  4. Merci Mehdi.
    Cependant, cela me prends pas mal de temps.
    Il y a une très forte synergie avec ma fonction actuelle : veille internet, newsletter, participation à des conférences, présence à de nombreux événements de réseautage.Toutes cette synergie va disparaître. Je ne sais pas comment je pourais continuer à y consacrer en moyenne 1 heure par jour.

    Commentaire par Xavier — 8 février 2007 @ 22h 59

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