Quel sont actuellement les critères pour s’introduire en bourse ?

Très pris ces jours ci, j’ai accumulé les sujets de billets à écrire. Je ne sais plus par où commencer.

Je commence par donner des éléments de réponses à une question posée par Jean-Denis Cornillot sur son blog : Quel sont les critères pour qu’une entreprise de biotechnologies puisse aller sur l’Alternext ?

L’association InterBiotech (très active, et vraiment efficacement, by the way) a organisé ce soir une table ronde sur les partenariat biotech-pharma (sujet d’un futur billet).
Nous avions la chance d’avoir comme témoins 3 dirigeants de 3 sociétés côtés :

  • Gille Avenard, COO de BioAlliance
  • Laurent Bracco, VP Research de ExonHit
  • Damien Marron, VP BizDev de NiCox

Ils nous ont chacun expliqué comment le marché estime la valeur de leur société.

Pour BioAlliance, la valo pre-money a été calculée comme suit. Le premier produit dont la demande d’AMM a été déposé récemment, le miconazole Lauriad®, vise un marché de 300 M€. Le CA potentiel pour BioAlliance est de 100M€. En applicant les discount standard, la valorisation du produit est de 80 M€. C’est la valo pre-money, ce qui donne bien 110 M€ de capitalisation après levée de 30M€. Seul le produit en demande d’AMM compte, et tous les autres produits en développement ne valent rien !.

Pour ExonHit, le calcul est semblable. La société a des produits sur le marché à court terme (puces), à moyen terme (diagnostics) et à long terme (médicements). La valorisation de 90 M€ (le cours a bien remonté) exclue complètement le pipe-line de R&D de médicaments.

Pour NiCox, la capitalisation de 110 M€ correspond uniquement au premier produit, celui en phase III, à l’exclusion des différentes phase II en cours. Les investisseurs sont si peu intéressés par la phase III que c’est un placement privé (PIPE) qui a permis à NiCox de lever des fonds pour financer le développement.

Conclusion : la capitalisation boursière ne reflète que les revenus vraiment visibles, ou au pire le potentiel du produit le plus avancé.

Donc, quels sont les critères pour qu’une entreprise de biotechnologies puisse aller sur l’Alternext ?
Il lui faut des produits à vendre. Le marché ne veut pas financer le développement des produits. IDM est un bon exemple.
La fenètre d’IPO n’est pas complètement ouverte.
C’est peut-être pour cela que la JEIC de P. Pouletty reste indispensable.

Advertisements