Le problème du financement des PME innovantes (4)

Suite de la série de billet (précédentsuivant).

4- Il est difficile de trouver des fonds propres pour une PME Innovante en création qui prévoit une croissance modérée

Il y a deux principales causes de difficulté à trouver des fonds propres, le risque et la rémunération du risque.

Le risque

Le risque de cessation d’activité est important. En moyenne, 46% des nouvelles PME, de toutes industries et services confondus, cessent leurs activités dans les 5 ans qui suivent la création. Je n’ai pas les chiffres pour une PME innovantes, mais cela doit être du même ordre.
Le risque pour un investisseur en capital de tout perdre est donc majeur.

Ce risque de perte des fonds propres injectés dans l’entreprise peut difficilement être assuré.

Les particuliers peuvent déduire la perte en capital de leurs revenus à hauteur de 30.000 euros par an maximum (le double pour un couple).
Pour autant que je sache, le risque de perte en capital ne peut pas être assuré par les fonds d’investissement, sauf une exception spécifique pour les biotechnologies (une garantie spéciale contre les moins-values peut-être obtenue par certaines équipes de gestion auprès de Oséo-Sofaris).

Le risque de liquidation est aussi la raison principale de la difficulté des PME en création à trouver du crédit bancaire. Cependant, le risque de cessation de paiement peut être très fortement atténué grâce à la prise de garantie auprès de Oséo SOFARIS (coverture à 70% du risque).

La rémunération du risque

La rémunération du risque ne pose pas de problème pour le crédit bancaire, elle est prévue par les intérêts.

La rémunération du risque des fonds propres pose un réel problème en ce qui concerne les capitaux qui ne sont pas apportés par les actionnaires stables de l’entreprise.
La rémunération normale du capital est le dividende, ou, dans le cas d’une forte croissance des bénéfices, la revente du capital à un nouvel investisseur (le rachat d’action est dans ce cas anecdotique). Les dividendes, à partir du moment où ils sont versés, conviennent bien aux actionnaires stables de l’entreprise. Les dividendes n’ont aucun intérêt pour les actionnaires transitoires qui recherchent nécessairement une sortie du capital.
La sortie se fait en général sous un des deux formes suivante : la cession totale de l’entreprise (sortie industrielle) ou l’entrée en bourse. La cession d’une part minoritaire du capital n’est le plus souvent pas possible dans des conditions financières intéressantes.

En résumé, pour les PME Innovantes qui prévoient une croissance rentable modérée (jusqu’à 30% par an), les contraintes sont les suivantes :

  1. Ces PME Innovantes ont besoins de fonds propres en complément des fonds apportés par les fondateurs
  2. L’investissement en capital doit offrir une forte rémunération du risque
  3. La sortie en rente (dividende sur les profits réalisés) n’est pas acceptable pour l’investisseur transitoire
  4. La sortie en capital nécessite une plus value importante, donc des profits futurs potentiels importants
  5. La cession partielle du capital est difficile et décôtée
  6. La cession totale pas toujours souhaitée, difficile et avec une plus-value insuffisante

L’entreprise innovante qui génére assez rapidement des profits (au moins un EBE positif), mais avec des perspectives de croissance modérées est désavantagée par rapport à l’entreprise qui fait des pertes mais dont les fortes perspectives offre des opportunités de grosses plus-values.

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